«C'est une opération sans précédent et qui restera dans l'Histoire pour son audace», expliquait mercredi soir sur le tarmac de Catam, le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos. Il semble effectivement que la libération des quinze otages n'ait été possible que grâce à un stratagème digne des plus grands films d'espionnage.
L'armée colombienne a réussi «grâce à divers subterfuges à placer au moins un de leurs hommes au sein du secrétariat des Farc», a révélé le ministre. Le militaire infiltré est parvenu à convaincre les geôliers de transférer les quinze otages qui faisaient partie d'un groupe de 39 captifs dits «politiques» que les rebelles voulaient échanger contre 500 des leurs, détenus par les autorités colombiennes.
«Nous nous sommes coordonnés pour les réunir au même endroit afin de faciliter leur transfert vers le sud du pays en prétendant qu'il fallait les remettre à Alfonso Cano», le nouveau chef des Farc, a précisé Juan Manuel Santos.
Les otages ont pris place dans un hélicoptère qui appartenait en fait à l'armée, piloté par des hommes expérimentés des services de renseignement. Une fois la porte fermée, le pilote a pu révéler à Ingrid Betancourt et ses compagnons leur vraie identité. «Ils nous ont dit qu'ils étaient l'armée colombienne et qu'on était libre, a déclaré Ingrid Betancourt mercredi soir devant les journalistes. L'hélicoptère a failli tomber parce qu'on s'est tous mis à sauter de joie et à s'embrasser.»
AFP PHOTO/TELESUR ¦ Ingrid Betancourt à sa sortie de l'avion, à la base de Catam, à Bogota (Colombie), le 2 juillet 2008.